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Fait partie du guide Salaire en alternance et aides : le guide complet

AlternanceAidesDroit du travail

Chômage après l'alternance : conditions, montant de l'ARE et démarches

Rédaction SuperAlternant12 min de lecture

Une calculatrice, un crayon, un stylo et un marqueur posés sur une chemise cartonnée orange, sur une table en bois
Photo : banque d'images SuperAlternant (CC0)

Oui, un ancien apprenti ou salarié en contrat de professionnalisation peut toucher l'allocation chômage (ARE) en fin de contrat. Il faut avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois, ou 5 mois pour un premier droit depuis le 1er avril 2026. Avec un petit salaire, l'allocation est plafonnée à 75 % du salaire journalier de référence.

Un apprenti a-t-il droit au chômage à la fin de son contrat ?

Oui. Contrairement à un stagiaire, un apprenti ou un salarié en contrat de professionnalisation a signé un contrat de travail : il est assuré contre le chômage. L'Unédic, qui gère l'assurance chômage, précise que le terme d'un contrat d'apprentissage est une fin de contrat de travail qui ouvre droit à l'allocation, à condition de remplir les autres conditions.

Condition Ce qu'il faut Source
Durée de travail Au moins 130 jours travaillés ou 910 heures (environ 6 mois) sur les 24 derniers mois, ou 36 mois à partir de 55 ans Unédic, fiche ARE
Premier droit (« primo-entrant ») 108 jours ou 758 heures (environ 5 mois) suffisent si vous n'avez jamais été indemnisé au cours des 20 dernières années et que votre contrat a pris fin à partir du 1er avril 2026 Unédic, primo-entrants
Perte d'emploi Involontaire : fin du contrat, licenciement, rupture d'un commun accord, démission légitime (détail ci-dessous) Service-public, fiche F38881, Unédic
Inscription Comme demandeur d'emploi à France Travail, dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat Fiche F38881
Recherche d'emploi Actes positifs et répétés, aptitude physique, résidence en France Fiche F38881

La règle des 5 mois concerne directement les anciens alternants qui n'ont jamais été indemnisés. Un contrat d'environ 5 mois rompu par l'employeur peut ainsi suffire, quand il fallait auparavant 6 mois pleins.

Les semaines passées au CFA font partie de votre contrat de travail : le temps de formation est compris dans l'horaire de travail (article L6222-24). Vous aviez un emploi étudiant avant l'alternance ? Toutes les périodes de travail des 24 derniers mois sont prises en compte, chez un ou plusieurs employeurs, sauf celles qui ont déjà servi à une indemnisation (fiche ARE de l'Unédic).

Apprenti dans le secteur public ? L'apprenti d'une administration est indemnisable dans les mêmes conditions qu'un agent public (fiche F3059). Selon l'Unédic, l'employeur public peut assurer lui-même ses apprentis contre le chômage, en confiant éventuellement la gestion de l'indemnisation à France Travail, ou adhérer au régime d'assurance chômage. Demandez à votre service RH quelle formule s'applique.

Quelles fins de contrat ouvrent droit à l'ARE ?

Tout dépend de qui met fin au contrat. Une rupture à l'initiative du salarié est en principe un départ volontaire, qui n'ouvre pas droit à l'allocation, sauf démission reconnue comme légitime (Unédic, fiche Démission).

Fin du contrat Allocation possible ?
Contrat d'apprentissage ou de professionnalisation arrivé à son terme Oui
Apprentissage rompu par l'employeur pendant les 45 premiers jours Oui
Apprentissage rompu par l'employeur après 45 jours (faute grave, force majeure, inaptitude) Oui
Apprentissage rompu d'un commun accord après 45 jours Oui
Contrat de professionnalisation rompu par l'employeur ou d'un commun accord Oui
Rupture à votre initiative, pendant ou après les 45 premiers jours Non en principe, sauf démission légitime
Départ anticipé à votre initiative après l'obtention du diplôme Non en principe : c'est vous qui rompez
Rupture immédiate pour manquements graves de l'employeur (avis de la Cour de cassation du 15 avril 2026) Non tranché par les textes consultés : interrogez France Travail avant de rompre

Les cinq premières lignes reprennent la liste publiée par l'Unédic pour les apprentis et les contrats de professionnalisation. Les deux suivantes appliquent la règle générale de la fiche Démission.

Parmi les démissions légitimes listées par l'Unédic, deux peuvent concerner un alternant en difficulté : le départ pour salaires impayés, à condition de produire une décision du conseil de prud'hommes condamnant l'employeur, et le départ à la suite d'actes délictueux subis au travail, comme des violences ou un harcèlement sexuel, avec le récépissé d'un dépôt de plainte.

Votre demande est refusée parce que vous êtes parti de vous-même ? Après 121 jours de chômage non indemnisé, vous pouvez demander un réexamen par l'instance paritaire de France Travail, qui tient compte de vos recherches d'emploi (fiche Démission). Les procédures de rupture sont détaillées dans notre guide de la rupture du contrat d'apprentissage et dans notre article sur la démission en alternance.

Combien touche-t-on après un apprentissage ?

L'allocation est calculée à partir des salaires bruts perçus entre le premier et le dernier jour de travail des 24 derniers mois, primes comprises. Les sommes versées à cause de la rupture, comme l'indemnité compensatrice de congés payés, sont exclues (fiche ARE de l'Unédic). On en tire un salaire journalier de référence (SJR).

L'allocation journalière brute est la plus élevée de ces deux formules (France Travail) :

  • 40,4 % du SJR + 13,18 € (montant fixe en vigueur depuis le 1er juillet 2025) ;
  • 57 % du SJR.

Elle ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour, mais elle ne peut pas non plus dépasser 75 % du SJR. C'est ce plafond qui joue pour beaucoup d'apprentis : avec un petit salaire, la formule avec partie fixe ou le minimum de 32,13 € dépasseraient 75 % du SJR. D'après le barème de l'Unédic, l'allocation est égale à 75 % du salaire journalier de référence tant que le salaire brut reste inférieur à environ 1 303 € par mois. L'allocation est versée chaque mois sur la base de 30 jours.

Ordres de grandeur, pour un salaire brut identique tous les mois, sans prime, à temps plein (SJR = salaire annuel ÷ 365) :

Salaire brut mensuel (grille légale au 1er juin 2026) Règle qui s'applique Allocation journalière Environ par mois (30 jours)
802,82 € : apprenti de 18 à 20 ans en 1re année (43 % du SMIC) Plafond de 75 % du SJR 19,80 € 594 €
989,52 € : apprenti de 21 à 25 ans en 1re année (53 %) Plafond de 75 % du SJR 24,40 € 732 €
1 138,88 € : apprenti de 21 à 25 ans en 2e année (61 %) Plafond de 75 % du SJR 28,08 € 842 €
1 456,27 € : apprenti de 21 à 25 ans en 3e année (78 %) 40,4 % + 13,18 €, retenue retraite limitée par le minimum 32,13 € 964 €
1 867,02 € : SMIC, alternant de 26 ans et plus 40,4 % + 13,18 €, moins 3 % du SJR pour la retraite complémentaire 36,14 € 1 084 €

Salaires de la grille : fiche service-public F2918. La retenue de 3 % du SJR pour la retraite complémentaire ne peut pas faire descendre l'allocation sous 32,13 € par jour, et la CSG et la CRDS peuvent être réduites ou supprimées, notamment lorsque l'allocation brute est inférieure au SMIC journalier (fiche F38881). Dans la réalité, votre salaire a varié d'une année sur l'autre et le SMIC a été revalorisé : seul France Travail calcule votre droit exact. Son simulateur est accessible depuis la fiche F38881.

Pendant combien de temps ? La durée d'indemnisation est égale au nombre de jours calendaires entre le début de votre premier contrat et la fin du dernier, sur les 24 derniers mois, multiplié par 0,75. Elle ne peut pas être inférieure à 182 jours, ou 152 jours pour un primo-entrant indemnisé au titre des 5 mois, ni dépasser 548 jours avant 55 ans (fiche ARE et page primo-entrants de l'Unédic). Un apprentissage de deux ans sans interruption donne ainsi 548 jours, soit environ 18 mois ; un contrat d'un an, environ 274 jours.

Quand commence le versement ? Après un délai d'attente de 7 jours, et après un différé si vous avez reçu une indemnité de congés payés non pris : ce différé est égal à cette indemnité divisée par votre SJR, dans la limite de 30 jours (fiche ARE de l'Unédic).

Une lettre de motivation et un stylo posés sur un journal de petites annonces, à côté d'un carnet relié en cuir

Comment s'inscrire à France Travail ?

Inscrivez-vous en ligne sur francetravail.fr dès le lendemain de la fin de votre contrat. Vous n'avez pas besoin d'attendre votre attestation employeur : le plus souvent, l'employeur la transmet directement à France Travail, et il vous sera demandé de la fournir si elle manque (France Travail). La limite est de 12 mois après la fin du contrat (fiche F38881).

Avant de partir, récupérez vos documents : certificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte. Notre article sur les documents de fin de contrat détaille chacun d'eux. Ensuite, actualisez votre situation chaque mois : sans actualisation, le versement est suspendu (France Travail).

Si vous êtes indemnisé, vous pouvez aussi garder la mutuelle de l'entreprise pendant votre indemnisation, dans la limite de la durée de votre dernier contrat et de 12 mois (fiche F20744).

Que faire en cas d'échec à l'examen ?

Vous n'êtes pas obligé de passer par le chômage. En cas d'échec au diplôme ou au titre visé, l'apprentissage peut être prolongé d'un an au plus, soit avec le même employeur, soit par un nouveau contrat avec un autre employeur (article L6222-11 du Code du travail). La prolongation chez le même employeur suppose l'accord de l'apprenti, de l'employeur et du CFA (fiche F2918).

  • Votre salaire pendant la prolongation est celui de la dernière année du contrat (article D6222-28).
  • Votre âge n'empêche pas de signer un nouveau contrat avec un autre employeur pour repasser l'examen (article D6222-1-2).
  • En contrat de professionnalisation, le CDD peut être renouvelé une fois en cas d'échec aux épreuves (article L6325-7).

Si le contrat n'est pas prolongé, il s'arrête à son terme : c'est une fin de contrat involontaire, qui peut ouvrir droit à l'ARE.

Peut-on enchaîner sur un autre contrat ?

Oui, plusieurs voies restent ouvertes, y compris pendant que vous êtes indemnisé.

Un nouvel apprentissage pour un diplôme supérieur. La limite de 29 ans révolus ne s'applique pas si le nouveau contrat mène à un diplôme de niveau supérieur. Vous pouvez alors signer jusqu'à 35 ans, dans un délai d'un an après la fin du précédent contrat (articles L6222-2 et D6222-1). Notre article sur le master en alternance détaille le calendrier, et nos offres d'alternance recensent les contrats à pourvoir.

Un emploi dans l'entreprise. Si votre employeur vous embauche à la fin de l'apprentissage, aucune période d'essai ne peut vous être imposée, sauf clause conventionnelle contraire, et la durée de l'apprentissage compte pour votre ancienneté et votre rémunération (fiche F2918). Notre méthode pour se faire embaucher à la fin de son alternance détaille la démarche.

Un emploi ailleurs pendant que vous êtes indemnisé. Vous pouvez cumuler une partie de l'ARE avec un salaire. Le nombre de jours indemnisés dans le mois se calcule ainsi : (ARE mensuelle − 70 % du salaire brut de la nouvelle activité) ÷ ARE journalière. Le cumul de l'allocation et du salaire ne peut pas dépasser le niveau de votre ancien salaire, apprécié à partir du SJR, et les jours non indemnisés reculent d'autant la fin de vos droits (fiche F38881).

Le droit d'option des anciens alternants. Si vous retrouvez un emploi mieux payé puis le perdez, vous pouvez renoncer au reliquat de vos anciens droits pour être indemnisé sur la base de ce nouveau salaire. Selon la fiche Droit d'option de l'Unédic, les anciens apprentis et titulaires d'un contrat de professionnalisation peuvent l'exercer après au moins 130 jours ou 910 heures de travail depuis la fin de leur contrat, quel que soit le montant de leur allocation. Le choix est irrévocable : faites-vous expliquer les deux options par France Travail.

Quelles alternatives si l'allocation est faible ou absente ?

Reprendre une formation. L'allocation continue d'être versée pendant une formation inscrite dans votre contrat d'engagement avec France Travail, ou financée en tout ou partie par votre compte personnel de formation : c'est l'ARE Formation (Unédic). Faites valider votre projet par votre conseiller avant de vous inscrire. Notre article sur le financement d'une formation par le CPF explique comment mobiliser vos droits.

Repartir en alternance. Un nouveau contrat vous rémunère et finance votre formation. Le moteur de formations liste les cursus ouverts en alternance, et le simulateur de rémunération donne votre futur salaire.

Le contrat d'engagement jeune. Sans droit à l'ARE, et si vous avez entre 16 et 25 ans, ou moins de 30 ans en situation de handicap, sans emploi ni formation, la mission locale ou France Travail peut vous proposer ce parcours d'accompagnement de 15 à 20 heures par semaine au minimum. Il s'accompagne d'une allocation pouvant aller jusqu'à 561,68 € par mois selon votre âge, vos ressources et le respect de vos engagements (1jeune1solution.gouv.fr).

Tous vos droits en fin de contrat sont rassemblés dans le guide Droits de l'alternant.

Sources

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