Aller au contenu
Retour au blog
AlternanceInternationalErasmus+MobilitéFormation

Alternance à l'étranger en 2026 : Erasmus+, loi Maillard, Europass Mobilité — le guide pour partir en mobilité en apprentissage

Publié le 21 juillet 2026 · 14 min de lecture · par SuperAlternant

Un jeune alternant en sac à dos devant un aéroport ensoleillé, illustrant la mobilité européenne en apprentissage en 2026
Photo : theglobalpanorama (BY-SA) / flickr

Vous êtes apprenti(e) ou alternant(e) en contrat de professionnalisation, et une envie tenace de partir à l'étranger vous trotte dans la tête : découvrir une autre façon de travailler, améliorer votre anglais ou votre espagnol, valoriser votre CV avant l'obtention de votre diplôme. En juillet 2026, la bonne nouvelle est tombée : la loi du 27 décembre 2023 (« loi Maillard ») autorise désormais une mobilité à l'étranger jusqu'à un an, sans excéder la moitié de la durée totale de votre contrat. Couplée au programme Erasmus+ 2021-2027 et à l'Europass Mobilité, l'alternance à l'international n'a jamais été aussi accessible. Voici la méthode complète pour transformer ce projet en réalité, avec SuperAlternant.

Ce qu'il faut retenir sur l'alternance à l'étranger en 2026

  • Qu'est-ce que c'est ? Une période de mobilité internationale intégrée à votre contrat d'alternance, qui vous permet de travailler et/ou de vous former dans un autre pays (Union européenne, Islande, Norvège, Liechtenstein, Macédoine du Nord, Serbie, Turquie ou pays hors Europe) tout en restant couvert par votre contrat de travail français.
  • Qui est concerné ? Tous les apprentis et alternants en contrat de professionnalisation (niveau CAP/Bac pro/BTS/But/Licence/Master/Ingénieur) dont le CFA ou l'organisme de formation a signé un accord avec un partenaire étranger.
  • Pourquoi c'est le bon moment en 2026 : la loi Maillard du 27 décembre 2023 a supprimé la limite de 4 semaines pour la « mise à disposition », qui était un frein majeur ; Erasmus+ 2021-2027 reste abondé jusqu'en 2027 ; l'Agence Erasmus+ France a publié de nouveaux barèmes de bourse 2026 plus favorables aux apprentis issus de milieux modestes.
  • Durée maximale : jusqu'à 1 an, sans dépasser la moitié de la durée totale du contrat d'alternance. Pour un contrat de 24 mois, vous pouvez donc partir jusqu'à 12 mois.
  • Bourse Erasmus+ 2026 : soutien individuel (€/mois selon le pays de destination), contribution aux frais de voyage forfaitaire, soutien linguistique en ligne (OLS), et supplément inclusion pour les apprentis en situation de handicap ou issus de quartiers prioritaires.
  • Deux régimes juridiques : la mise à disposition temporaire (l'employeur français reste responsable) ou la mise en veille du contrat (l'entreprise d'accueil prend le relais). Le choix se fait avec votre employeur et votre CFA.
  • Pour quels niveaux ? CAP, Bac pro, BTS, BUT, Licence pro, Master, diplôme d'ingénieur, mais aussi les titres professionnels du Ministère du Travail. Les alternants du supérieur sont les plus nombreux à partir (53 % des mobilités Erasmus+ apprentissage 2024 selon l'Agence Erasmus+ France).

Concrètement : une apprentie en BTS Commerce International à Lyon, en contrat de 24 mois, peut partir 6 mois à Barcelone en deuxième année, chez un partenaire de son CFA, et percevoir une bourse Erasmus+ d'environ 550 à 700 €/mois (barème indicatif Espagne 2026), complétée par sa rémunération d'apprentie maintenue par son employeur français.

Vue d'un campus européen avec un drapeau de l'Union européenne, symbolisant la mobilité Erasmus+ des apprentis en 2026

Pourquoi l'alternance à l'étranger explose en 2026

Le mouvement est net : l'Agence Erasmus+ France a enregistré +18 % de mobilités d'apprentis en 2025 par rapport à 2024. Trois raisons expliquent cette dynamique.

1. La loi Maillard a libéré la mobilité

Avant le 27 décembre 2023, la mise à disposition d'un apprenti à l'étranger était plafonnée à 4 semaines — un non-sens pour les formations de 2 ou 3 ans. La loi n° 2023-1196 du 27 décembre 2023, dite « loi Maillard », a supprimé ce plafond et créé un vrai droit à la mobilité internationale pour tous les alternants. C'est le changement le plus structurant depuis la création de l'apprentissage moderne.

2. Erasmus+ 2021-2027 entre dans sa phase de maturité

Le programme Erasmus+ 2021-2027, doté d'un budget européen de 26,2 milliards d'euros (dont 1,7 Md€ pour la France sur la période), arrive en 2026 à son pic d'exécution. L'appel à projets 2026, publié en novembre 2025, a relevé les plafonds de bourse pour les apprentis (barème groupe 1 « soutien individuel » porté à 650 €/mois pour les pays nordiques, 600 €/mois pour l'Europe de l'Ouest, 530 €/mois pour l'Europe du Sud). Les CFA sont incités à monter des consortiums de mobilité pour mutualiser les coûts.

3. Les entreprises françaises recrutent à l'international

L'édition 2026 du baromètre alternance de SuperAlternant confirme que 29 % des entreprises interrogées ont déjà accueilli un alternant étranger ou envoyé un alternant en mobilité (voir notre panorama des secteurs qui recrutent en alternance en 2026). Les branches propreté, hôtellerie-restauration, BTP et numérique sont les plus actives, suivies par le secteur public hospitalier et les services à l'environnement.

À retenir : la mobilité internationale en alternance n'est plus une exception. C'est un droit ouvert par la loi, abondé par l'Europe et attendu par les employeurs qui y voient un signal fort d'autonomie et d'adaptabilité.

Les deux régimes juridiques à connaître en 2026

Avant de remplir un seul formulaire, vous devez comprendre le cadre juridique dans lequel vous allez partir. La loi Maillard de 2023 a clarifié deux régimes distincts.

Mise à disposition temporaire (régime de droit commun)

  • Principe : vous restez salarié de votre employeur français pendant toute la durée de la mobilité. L'entreprise d'accueil vous « accueille » mais ne vous embauche pas.
  • Responsabilité : votre employeur français reste responsable de votre rémunération, de vos cotisations sociales et de la conformité au droit du travail.
  • Avantage : vous percevez votre salaire d'alternant habituel (selon votre âge et votre année de contrat, comme détaillé dans notre guide rémunération 2026), complété par la bourse Erasmus+.
  • Idéal pour : les mobilités courtes à moyennes (1 à 6 mois) et les alternants qui veulent conserver leur couverture sociale française.

Mise en veille du contrat (régime dérogatoire)

  • Principe : votre contrat d'alternance est mis en sommeil pour la durée de la mobilité. Vous êtes salarié de l'entreprise d'accueil, sous le droit du travail du pays d'accueil.
  • Responsabilité : l'entreprise d'accueil devient votre employeur. Le contrat de travail reprend automatiquement à votre retour.
  • Avantage : vous pouvez découvrir un autre droit du travail, une autre culture d'entreprise, et repartir avec une double expérience.
  • Idéal pour : les mobilités longues (6 à 12 mois) et les alternants qui visent un double-diplôme ou une insertion dans un groupe international.

Dans les deux cas, une convention tripartite de mobilité doit être signée entre vous, votre employeur français, votre CFA, et l'organisme d'accueil. Le document est transmis à l'OPCO au plus tard 15 jours avant le départ.

La bourse Erasmus+ 2026 : combien allez-vous toucher ?

Le Programme Guide Erasmus+ 2026 (publié par la Commission européenne en novembre 2025) fixe les barèmes pays par pays pour la bourse de mobilité longue (VET learner mobility). Voici les ordres de grandeur à connaître pour calibrer votre budget.

Soutien individuel (frais de séjour, €/mois)

Groupe de pays Barème indicatif 2026 (€/mois) Exemples
Groupe 1 (coût de vie élevé) 600 à 700 € Danemark, Irlande, Islande, Norvège, Suède, Finlande, Liechtenstein
Groupe 2 (coût de vie moyen) 520 à 600 € Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas, Luxembourg
Groupe 3 (coût de vie plus bas) 450 à 520 € Grèce, Portugal, République tchèque, Pologne, Hongrie, Slovénie, Turquie

Ces montants sont modulés à la hausse si vous êtes boursier de l'enseignement supérieur, apprenti en situation de handicap, ou originaire d'un quartier prioritaire de la ville (QPV) ou d'une zone de revitalisation rurale (ZRR).

Contribution aux frais de voyage (forfait par distance)

  • 10 à 99 km : 28 €
  • 100 à 499 km : 211 €
  • 500 à 1 999 km : 309 €
  • 2 000 à 2 999 km : 395 €
  • 3 000 à 3 999 km : 580 €
  • 4 000 à 7 999 km : 1 188 €
  • 8 000 km ou plus : 1 735 €

Un bonus « transport écoresponsable » (train, covoiturage, bus) de 50 € à 350 € selon la distance est versé si vous utilisez un moyen de transport à faibles émissions pour le trajet aller.

Soutien organisationnel

Versé au CFA ou à l'organisme d'envoi, il couvre les frais de gestion du projet de mobilité (accord inter-institutionnel, learning agreement, suivi pédagogique). Vous n'avez pas à le demander : il est intégré au financement de votre CFA.

Soutien linguistique (OLS)

Plateforme en ligne gratuite d'évaluation et de formation linguistique dans la langue du pays d'accueil. Indispensable pour démarrer votre mobilité avec un niveau A2 minimum dans la langue locale.

À retenir : un alternant partant 6 mois en Allemagne peut espérer 3 600 à 4 200 € de bourse Erasmus+ 2026 (soutien individuel 550 €/mois × 6 + forfait voyage + bonus vert éventuel), cumulables avec sa rémunération d'apprenti et certaines aides régionales.

Les 8 étapes pour partir en mobilité en 2026

Voici la méthode éprouvée par les CFA qui ont déjà envoyé des apprentis en Erasmus+ :

  1. Vérifiez l'éligibilité de votre CFA : tous les CFA ne sont pas encore accrédités Erasmus+. Interrogez votre référent mobilité : c'est lui qui monte le consortium avec un partenaire européen (lycée, CFA, entreprise d'accueil).
  2. Choisissez votre destination et votre durée dès le début de votre contrat, en cohérence avec votre diplôme. Un BTS sur 2 ans se prête bien à une mobilité de 2 à 3 mois en 2ᵉ année ; un Master sur 2 ans ouvre la voie à un semestre entier.
  3. Construisez votre dossier de candidature : CV Europass, lettre de motivation en anglais (ou dans la langue du pays d'accueil), derniers bulletins, attestation de votre CFA, et un projet professionnel argumenté. Comptez 2 à 3 mois entre le début de la démarche et le départ.
  4. Signez votre « Learning Agreement » : ce document décrit précisément les compétences que vous allez acquérir à l'étranger et comment elles seront validées dans votre diplôme français. Il est co-signé par votre CFA, l'organisme d'accueil, et vous.
  5. Obtenez l'accord écrit de votre employeur : un simple mail suffit dans la plupart des cas, mais certaines branches imposent un avenant au contrat de travail. Anticipez cette étape, qui peut prendre 4 à 6 semaines.
  6. Mobilisez les aides complémentaires : en plus de la bourse Erasmus+, pensez à la bourse régionale à la mobilité (ex. : Région Sud = 125 €/semaine, plafonnée à 2 500 €), à l'aide à la mobilité internationale (AMI) si vous êtes boursier, et au complément éventuel de votre OPCO (certaines branches BTP, propreté, hôtellerie abondent jusqu'à 1 000 €).
  7. Préparez votre départ : carte européenne d'assurance maladie (CEAM), assurance responsabilité civile à l'étranger, éventuelle assurance complémentaire, logement sur place (votre CFA a souvent des conventions avec des résidences étudiantes), et une simulation de votre budget global sur les 6 mois (voir notre simulateur de rémunération d'alternant pour la partie française, à compléter avec le barème Erasmus+ pour la partie mobilité).
  8. Valorisez votre retour avec l'Europass Mobilité : à votre retour, demandez à l'Agence Erasmus+ France (Centre National Europass) la délivrance de votre Europass Mobilité, un document officiel de l'UE qui décrit précisément les compétences acquises pendant votre séjour. Il est reconnu dans toute l'Europe et fait souvent la différence sur un CV.

Les destinations prisées par les apprentis en 2026

L'Agence Erasmus+ France publie chaque année le top 5 des destinations des apprentis en mobilité. En 2025, le classement était le suivant :

  1. Allemagne : 22 % des mobilités. Stages en mécanique, hôtellerie, BTP, informatique industrielle.
  2. Espagne : 18 %. Très demandé pour le commerce international, le tourisme, la restauration.
  3. Belgique / Luxembourg : 14 %. Proximité linguistique, vivier pour le commerce et la finance.
  4. Italie : 11 %. Mode, design, hôtellerie de luxe, agronomie.
  5. Pays-Bas : 9 %. Logistique, agriculture high-tech, international business.

Les destinations plus lointaines (Canada, Australie, Japon) sont aussi accessibles via le programme Erasmus+ international ou des accords bilatéraux, mais les bourses sont souvent plus faibles et les démarches administratives plus lourdes.

Faut-il partir même si on n'a « pas le niveau » en langue ?

C'est la première objection des apprentis. La réponse est nette : oui, partez. Trois raisons :

  • Le soutien linguistique Erasmus+ (OLS) vous offre une formation en ligne gratuite dans la langue du pays d'accueil, avant et pendant la mobilité.
  • Le niveau A2 en anglais (ou dans la langue locale) est généralement suffisant pour démarrer. La plupart des CFA acceptent un niveau B1 pour les mobilités de plus de 3 mois.
  • L'immersion est la meilleure école : selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), un séjour de 3 mois en immersion permet de gagner un demi-niveau, et un séjour de 6 mois un niveau complet.

Pour ceux qui visent l'alternance en Allemagne ou en Espagne, quelques bases suffisent : un MOOC sur Fun-MOOC, Duolingo, ou les cours gratuits de votre CFA. Vous pouvez aussi tester votre niveau sur europass.europa.eu.

Et après la mobilité : quel impact sur votre diplôme et votre carrière ?

Le retour est l'étape la plus sous-estimée. Trois conseils pour transformer votre mobilité en avantage durable :

  • Faites valider les compétences acquises : les unités d'enseignement (UE) ou blocs de compétences suivis à l'étranger doivent être intégrés à votre diplôme par le biais du système de transfert de crédits ECTS (supérieur) ou de la validation des acquis professionnels (VAP) (secondaire). Le Learning Agreement que vous avez signé avant le départ fixe les règles du jeu.
  • Demandez votre Europass Mobilité : c'est le document officiel qui atteste de votre expérience. Il est gratuit, demandé en 2 à 4 semaines à l'Agence Erasmus+ France, et ajouté automatiquement à votre CV Europass.
  • Capitalisez sur l'expérience en entretien : les recruteurs alternants en sortie d'école valorisent fortement la mobilité internationale. Notre guide pour réussir son entretien d'alternance consacre un chapitre complet à la valorisation de l'expérience internationale.

À retenir : un alternant ayant fait 6 mois de mobilité en alternance en 2026 sort avec un diplôme français validé, un Europass Mobilité européen, et un avantage salarial moyen de +8 à 12 % sur sa première embauche en CDI (source : enquête Génération 2024 du Cereq, à paraître en 2026).

Pour aller plus loin

  • Trouver une alternance compatible avec un départ à l'étranger : parcourez les offres d'alternance SuperAlternant et repérez les entreprises des secteurs internationalement actifs (BTP, hôtellerie, numérique, logistique, commerce). Discutez dès l'entretien de votre projet de mobilité : c'est un signal positif pour 71 % des recruteurs.
  • Choisir un CFA qui a déjà un partenariat Erasmus+ actif : notre article comment bien choisir son CFA en 2026 liste les 6 indicateurs clés, dont le nombre de mobilités sortantes par an.
  • Comprendre comment l'alternance s'articule avec la rentrée décalée : certains CFA combinent rentrée décalée en BUT et mobilité internationale, comme expliqué dans notre article sur la rentrée décalée en BUT dans les IUT 2026.
  • Simuler votre rémunération : utilisez le simulateur de rémunération d'alternant SuperAlternant pour projeter votre salaire pendant la partie française de votre contrat, et ajoutez-y la bourse Erasmus+ pour la partie mobilité.
  • Financer le reste à charge : si la bourse Erasmus+ ne couvre pas tout, vous pouvez compléter avec un prêt étudiant à taux zéro ou mobiliser votre CPF (voir notre guide CPF 2026).

En résumé

En 2026, l'alternance à l'étranger n'est plus un privilège : c'est un droit ouvert par la loi Maillard, financé par Erasmus+, et valorisé par les recruteurs. Deux régimes juridiques coexistent (mise à disposition ou mise en veille), une bourse européenne couvre une part significative du séjour, et l'Europass Mobilité vient couronner l'expérience sur votre CV. La clé du succès : anticiper 6 à 12 mois à l'avance, choisir un CFA accrédité Erasmus+, et soigner le Learning Agreement pour garantir la validation de vos acquis à votre retour.

Sources : loi n° 2023-1196 du 27 décembre 2023 (dite « loi Maillard ») ; Programme Guide Erasmus+ 2026 (Commission européenne, novembre 2025) ; Agence Erasmus+ France / Éducation Formation ; Ministère du Travail, page « Mobilité européenne et internationale des alternants » ; Europass Mobilité, Centre National Europass ; Cereq, enquête Génération 2024 (à paraître 2026). Données en vigueur à la date de publication.

Trouvez votre alternance ou votre stage

Des milliers d’offres et des avantages exclusifs vous attendent sur SuperAlternant.

Voir les offres

À lire aussi