Le 2 juillet 2026, le Journal officiel a publié le décret n° 2026-714 du 30 juin 2026, qui précise les conditions d'éligibilité et les modalités de contrôle de l'aide unique à l'alternance — le coup d'envoi officiel de la troisième vague de régulation de l'apprentissage depuis 2019. Trois mesures concrètes sont entrées en vigueur pour les contrats conclus à compter du 8 juillet 2026 : un contrôle renforcé de l'encadrement des alternants en entreprise, un seuil obligatoire de 5 % d'alternants dans les effectifs des grandes entreprises, et une expérimentation régionale d'un bonus de 1 000 € pour les employeurs qui recrutent dans les métiers en tension (BTP, restauration, soins aux personnes âgées). Pour les candidats, les CFA et les entreprises, c'est un changement de cadre dont les effets se mesureront dès la rentrée 2026 et, surtout, pour la campagne 2027. Voici la lecture claire du décret, avec SuperAlternant.
Ce qu'il faut retenir du décret n° 2026-714
- Qu'est-ce que c'est ? Le décret n° 2026-714 du 30 juin 2026, publié au Journal officiel du 2 juillet 2026, qui complète et précise les dispositions de l'aide unique à l'alternance (décret n° 2025-451 du 1ᵉʳ mai 2025) et de la révision générale des NPEC lancée par France Compétences le 2 avril 2026.
- Pour qui ? Tous les employeurs d'apprentis et de salariés en contrat de professionnalisation, mais aussi les CFA (nouvelles obligations de transmission), et — indirectement — les alternants eux-mêmes, dont les conditions d'encadrement et la sécurisation du parcours sont renforcées.
- Date d'entrée en vigueur : 8 juillet 2026, pour les contrats conclus à compter de cette date. Les contrats en cours restent soumis aux règles antérieures jusqu'à leur terme.
- Mesure 1 — Contrôle renforcé de l'encadrement : l'employeur devra justifier d'un plan d'encadrement documenté (tuteur désigné, livret d'accueil, plan de formation), avec contrôle possible par l'OPCO et par France Compétences.
- Mesure 2 — Seuil de 5 % d'alternants dans les entreprises de plus de 250 salariés : sous peine d'une contribution supplémentaire à France Compétences si l'objectif n'est pas atteint (mécanisme inspiré de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés).
- Mesure 3 — Bonus de 1 000 € dans trois régions expérimentatrices (Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur) pour les contrats d'apprentissage préparant à un métier en tension (BTP, restauration, soins aux personnes âgées), versé à l'employeur en plus de l'aide unique.
- Bonus zones rurales : le Sénat a adopté, le 8 juillet 2026, une proposition de loi créant une aide spécifique à l'alternance dans les zones rurales, dont l'examen est prévu à l'Assemblée nationale en septembre 2026.
- Pourquoi c'est important en 2026 : la baisse de 4,9 % des entrées en apprentissage en 2025 (première baisse depuis 2014) pousse le gouvernement à encadrer davantage la dépense tout en maintenant l'incitation à recruter, notamment dans les métiers en tension où le manque de candidats se fait durement sentir.
Concrètement : un alternant en BTS MCO à Lille, dont l'entreprise de 380 salariés n'atteint pas 5 % d'alternants dans ses effectifs au 31 décembre 2026, verra son employeur soumis à une contribution supplémentaire à France Compétences — ce qui peut conduire l'entreprise à accélérer le recrutement d'alternants plutôt qu'à payer la pénalité. Un patron de TPE du BTP à Clermont-Ferrand (Auvergne-Rhône-Alpes, région expérimentatrice) recrutant un apprenti en CAP maçonnerie touchera, lui, l'aide unique de 5 000 € + le bonus métiers en tension de 1 000 € = 6 000 € pour la première année.

Pourquoi ce décret sort maintenant
Pour comprendre l'ampleur du changement, trois chiffres à mettre en regard.
1. Une croissance à stopper, une qualité à garantir
Entre 2018 et 2023, la dépense publique pour l'apprentissage est passée d'environ 3 milliards d'euros à plus de 12 milliards — une multiplication par quatre en cinq ans. L'État a donc enclenché une série de réformes pour ramener le système à un équilibre budgétaire sans casser la dynamique de l'alternance :
- 1ᵉʳ mai 2025 : refonte de l'aide unique à l'alternance (décret n° 2025-451) — montant unifié à 5 000 € la première année, puis 2 000 € les années suivantes pour les niveaux 3 et 4, avec 6 000 € pour les CAP/BEP. C'est l'ancienne cible que le décret du 30 juin 2026 vient préciser.
- 2 avril 2026 : France Compétences lance la 3ᵉ révision générale des niveaux de prise en charge (NPEC) depuis 2019, avec une modulation possible de ±20 % autour de la valeur de référence, et un plafond à 11 000 € pour les niveaux 5, 6 et 7.
- 29 mai 2026 : décret accordant un mois supplémentaire aux branches pour fixer leurs NPEC, avec proposition d'élargir la modulation à ±30 % pour tenir compte des coûts réels.
- 30 juin 2026 : décret n° 2026-714 (le présent décret), qui se concentre sur le contrôle de l'aide unique et sur les obligations structurelles des employeurs.
2. Une baisse historique à enrayer
Pour la première fois depuis 2014, le nombre d'entrées en apprentissage a baissé en 2025 : −4,9 % par rapport à 2024, selon les chiffres de la Dares et de l'Urssaf publiés début 2026. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a confirmé en mai 2026 le maintien du budget apprentissage en 2027, avec l'espoir d'une enveloppe en hausse après la stabilisation de 2026.
La stabilité des entrées est l'objectif n°1 du gouvernement pour 2026-2027. Le décret du 30 juin agit sur deux leviers complémentaires : empêcher les abus (contrôle renforcé), et inciter à recruter dans les filières où l'alternance reste le canal de recrutement principal (métiers en tension, zones rurales).
3. Une commande publique plus exigeante
En 2025, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a publié un rapport remarqué sur les dérives de l'aide unique : entreprises « fantômes », alternants sans véritable tutorat, contrats signés à quelques semaines de la rentrée sans réel projet professionnel. Le décret du 30 juin est en partie la réponse opérationnelle à ce rapport : ce qu'on appelle pudiquement le « contrôle de l'encadrement » est d'abord une réponse à des abus documentés.
Mesure 1 — Le contrôle renforcé de l'encadrement des alternants
C'est la mesure la plus immédiate pour les employeurs : pour tout contrat d'apprentissage ou de professionnalisation conclu à compter du 8 juillet 2026, l'employeur doit être en mesure de présenter, sur demande de l'OPCO ou de France Compétences, un plan d'encadrement documenté. Trois pièces sont exigées.
1. Désignation d'un tuteur identifié
Chaque alternant doit être suivi par un tuteur identifié, salarié de l'entreprise, justifiant :
- d'une ancienneté minimale de 2 ans dans le poste ou dans un poste équivalent ;
- d'une formation ou expérience en tutorat (au minimum 7 heures, comme pour le maître d'apprentissage classique) ;
- d'un ratio maximal de 2 alternants suivis simultanément (pour garantir la qualité du suivi).
2. Livret d'accueil et plan de formation
L'employeur doit remettre à l'alternant, au plus tard le jour de son arrivée :
- un livret d'accueil présentant l'entreprise, ses valeurs, ses règles internes, les interlocuteurs clés ;
- un plan de formation individualisé : objectifs pédagogiques, compétences visées, missions confiées sur les 12 mois, jalons d'évaluation à 3, 6 et 12 mois ;
- une convention de tutorat signée par le tuteur, l'alternant et le responsable hiérarchique.
3. Suivi et traçabilité
L'employeur doit conserver pendant 5 ans les preuves du suivi :
- comptes rendus des entretiens tuteur/alternant (au minimum un par trimestre) ;
- évaluations des compétences acquises en entreprise ;
- attestations de formation délivrées en interne (mises en situation, modules spécifiques).
Conséquence concrète : une PME de 12 salariés qui recrutait 3 alternants « en parallèle » sans réel suivi devra, à partir du 8 juillet 2026, réduire son volume de recrutement ou structurer son tutorat — au risque sinon d'un refus de versement de l'aide unique, voire d'une suspension du contrat.
À retenir : le contrôle renforcé n'est pas un flicage — c'est une professionnalisation du tutorat dont les alternants sont les premiers bénéficiaires. Bien encadré, un contrat d'apprentissage est plus efficace pour l'entreprise et pour l'alternant.
Mesure 2 — Le seuil de 5 % d'alternants dans les grandes entreprises
C'est la mesure la plus structurelle — et la plus commentée dans les cercles patronaux. À compter du 1ᵉʳ janvier 2027, les entreprises de plus de 250 salariés devront atteindre un seuil minimal de 5 % d'alternants dans leurs effectifs, sous peine de contribution supplémentaire à France Compétences.
Comment ça marche
- Périmètre : entreprises de 250 salariés et plus (effectif annuel moyen, tous établissements confondus).
- Calcul de la proportion : nombre d'apprentis + contrats de professionnalisation rapporté à l'effectif salarié total.
- Période de référence : effectifs au 31 décembre de chaque année, à compter du 31 décembre 2027.
- Sanction en cas de non-atteinte : contribution supplémentaire à France Compétences, dont le montant n'est pas encore fixé par le décret (un arrêté ministériel est attendu d'ici la fin de l'année 2026) — les premières estimations circulant évoquent un forfait de 600 à 1 200 € par alternant manquant, comparable à la contribution AGEFIPH pour l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés.
- Mécanisme déclaratif : l'entreprise déclare chaque année ses effectifs et son nombre d'alternants à France Compétences, qui calcule la proportion et notifie, le cas échéant, le montant de la contribution.
Trois conséquences pratiques
- Pour les grandes entreprises : la fonction RH doit mettre en place un tableau de bord trimestriel de suivi du ratio alternants/effectif, et anticiper les recrutements à l'approche du 31 décembre.
- Pour les candidats : les alternants deviennent un sujet de gouvernance dans les grandes entreprises — ce qui peut améliorer l'accueil et le suivi (par effet de seuil), mais aussi déformer le recrutement vers des profils « faciles à encadrer » (sont favorisés les BTS et BUT, moins les CAP du BTP).
- Pour les PME et TPE : elles ne sont pas concernées par le seuil, mais elles profitent d'un report d'une partie de l'effort d'apprentissage vers les grandes entreprises, et donc d'une concurrence allégée sur les profils Bac+2 à Bac+5.
À retenir : le seuil de 5 % est un mécanisme de contrainte douce — il ne force pas l'entreprise à embaucher, mais il rend financièrement intéressant l'embauche d'alternants par rapport au paiement de la contribution. L'effet attendu est une relance des recrutements dans les grands groupes à l'approche de l'échéance 2027.
Mesure 3 — Le bonus de 1 000 € pour les métiers en tension
C'est la mesure la plus opérationnelle pour les employeurs de TPE et PME, et la plus attractive pour les candidats dans les filières qui recrutent.
Périmètre
Le bonus de 1 000 € s'applique aux contrats d'apprentissage (et aux contrats de professionnalisation, selon les textes à venir) préparant à un métier en tension dans trois régions expérimentatrices :
- Hauts-de-France ;
- Auvergne-Rhône-Alpes ;
- Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Les métiers éligibles sont définis par arrêté ministériel, et couvrent trois grands secteurs :
- BTP (maçonnerie, électricité, plomberie, charpente, couverture, peinture) ;
- Restauration et hôtellerie (cuisine, service en salle, réception) ;
- Soins aux personnes âgées et à la dépendance (aide-soignant, accompagnant éducatif et social, AES).
Cumul possible
Le bonus de 1 000 € se cumule avec l'aide unique et avec l'ensemble des aides existantes (aide au permis, Mobili-Jeune, etc.). Concrètement, un employeur de TPE du BTP en Auvergne-Rhône-Alpes recrutant un apprenti en CAP maçonnerie en septembre 2026 touchera :
- 5 000 € d'aide unique (niveaux 3 et 4, moins de 250 salariés) ;
- + 1 000 € de bonus métiers en tension ;
- = 6 000 € pour la première année du contrat.
Pour mémoire, l'aide unique reste ensuite de 2 000 € par an pour les niveaux 3 et 4 jusqu'à la fin du contrat.
Calendrier de mise en œuvre
L'arrêté fixant la liste exacte des métiers éligibles et les modalités de versement du bonus est attendu d'ici septembre 2026. Les premiers versements interviendront à l'automne 2026, sur la base des contrats signés à compter du 8 juillet 2026.
À retenir : si vous êtes candidat à l'apprentissage dans le BTP, la restauration ou les soins aux personnes âgées et que vous visez une entreprise située en Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes ou PACA, signalez le bonus à votre futur employeur : c'est un levier de négociation concret pour faire aboutir votre candidature.
Le bonus zones rurales : une mesure complémentaire en cours d'examen
Le 8 juillet 2026, soit six jours après la publication du décret, le Sénat a adopté une proposition de loi créant une aide spécifique à l'alternance dans les zones rurales. Le texte doit être examiné à l'Assemblée nationale en septembre 2026.
Ce que prévoit le texte
- Cible : les entreprises de moins de 50 salariés situées en zone rurale (classification ZRR — zones de revitalisation rurale, ou à défaut zonage France Ruralités).
- Forme de l'aide : prime forfaitaire de 2 000 € versée à l'employeur pour tout contrat d'apprentissage d'une durée minimale de 12 mois.
- Cumul : avec l'aide unique et, le cas échéant, le bonus métiers en tension — l'objectif du texte étant de neutraliser le surcoût que représente l'éloignement géographique pour les employeurs ruraux (transports, hébergement éventuel de l'alternant).
- Public visé : les alternants préparant un diplôme de niveau 3 à 5 (CAP, Bac pro, BTS) dans les secteurs en tension locale (agriculture, artisanat, commerce de proximité, services à la personne).
Calendrier prévisionnel
- Septembre 2026 : examen à l'Assemblée nationale.
- Fin 2026 : vote final, promulgation et publication du décret d'application.
- 2027 : premiers versements, avec un effet attendu sur la rentrée 2027.
À retenir : même si le texte n'est pas encore définitif, anticipez dès la rentrée 2026 : un alternant qui signe un contrat en zone rurale avec une TPE de moins de 50 salariés prépare son dossier en tenant compte de cette aide future, et signale l'avantage fiscal à venir à son employeur pour boucler la négociation.
Comment le décret du 30 juin 2026 s'articule avec les autres réformes en cours
Le décret n° 2026-714 ne vient pas seul. Il s'inscrit dans une séquence de trois réformes qui se complètent :
| Réforme |
Date |
Objet |
Effet attendu |
| Révision des NPEC (France Compétences) |
2 avril 2026 |
Modulation ±20 % (puis ±30 %) des niveaux de prise en charge par les branches, plafond 11 000 € |
Rééquilibrage du financement entre branches ; certains NPEC baissent, d'autres montent |
| Aide unique précisée (décret n° 2026-714) |
2 juillet 2026 (contrats signés à partir du 8 juillet 2026) |
Contrôle de l'encadrement, seuil 5 % grandes entreprises, bonus métiers en tension |
Garantir la qualité de l'encadrement, relancer l'apprentissage dans les métiers en tension |
| Bonus zones rurales (PPL Sénat) |
Vote Sénat 8 juillet 2026, examen AN septembre 2026 |
Aide forfaitaire 2 000 € en zone rurale |
Soutenir l'apprentissage dans les territoires ruraux, équilibrer la répartition géographique |
L'objectif global est de stabiliser le nombre de contrats autour de 850 000 à 900 000 par an, après le pic de 2023 et la baisse de 2025, tout en maîtrisant la dépense publique (autour de 7,3 milliards d'euros en 2026) et en améliorant la qualité de l'encadrement.
Le plan d'action pour les candidats à l'apprentissage en 2026-2027
Que vous soyez lycéen en terminale, étudiant en réorientation, ou déjà en poste et à la recherche d'un contrat d'apprentissage, voici la feuille de route en 5 étapes pour tirer parti du nouveau cadre.
Étape 1 — Vérifier la situation de votre futur employeur
Avant de signer, vérifiez deux points :
- Taille de l'entreprise : TPE/PME (- de 250 salariés) ou grande entreprise (+ de 250 salariés). Le seuil de 5 % ne concerne que les grandes.
- Localisation : votre entreprise est-elle située en Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes ou PACA ? Si oui, vérifiez si le métier préparé est éligible au bonus métiers en tension (BTP, restauration, soins aux personnes âgées).
- Zone rurale : votre entreprise est-elle en ZRR ou zonage France Ruralités ? Si oui, préparez-vous à bénéficier du bonus zones rurales dès 2027.
Étape 2 — Anticiper la question du tutorat
Le contrôle renforcé de l'encadrement ne vise pas à décourager le recrutement — il vise à garantir que vous serez bien suivi. Posez dès l'entretien les bonnes questions :
- « Qui sera mon tuteur ? Depuis combien de temps est-il dans l'entreprise ? »
- « Quel est le plan de formation prévu sur les 12 mois ? »
- « Combien d'entretiens de suivi sont prévus avec mon tuteur ? »
Un employeur capable de répondre précisément à ces questions est un employeur qui a anticipé le décret — et qui vous offre un cadre sérieux.
Étape 3 — Choisir la bonne région pour bénéficier des bonus
Si vous avez une mobilité géographique, privilégiez les trois régions expérimentatrices pour maximiser les aides employeur (et donc la probabilité de trouver un contrat) :
- Hauts-de-France : forte concentration d'offres dans la restauration et le BTP (Lille, Amiens, Calais, Saint-Omer).
- Auvergne-Rhône-Alpes : BTP et industrie en tension (Lyon, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Grenoble).
- Provence-Alpes-Côte d'Azur : BTP et soins aux personnes âgées (Marseille, Nice, Toulon, Avignon).
Pour les zones rurales, ciblez en priorité les ZRR : Bourgogne-Franche-Comté, Massif central, Sud-Ouest, Corse intérieure. Notre simulateur de rémunération d'alternant intègre la région et la taille de l'entreprise pour estimer le coût total employeur — y compris les aides cumulées.
Étape 4 — Maximiser vos chances dans les métiers en tension
Les métiers en tension sont précisément ceux où les employeurs cherchent activement des candidats et où les bonus financiers sont les plus élevés. Si vous hésitez entre plusieurs voies, le calcul rationnel conduit à regarder en priorité :
- CAP maçonnerie / électricité / plomberie — tension forte, bonus 1 000 € en PACA/AuRA/HDF, recrutement rapide.
- CAP cuisine / service en salle — tension permanente, bonus 1 000 € dans les mêmes régions, perspectives d'emploi rapide après le diplôme.
- Diplôme d'État d'aide-soignant (DEAES) ou AES — tension croissante avec le vieillissement, bonus 1 000 €, métier à forte utilité sociale.
Ces trois filières représentent plus de 60 % des contrats d'apprentissage dans les métiers en tension en 2026, selon la Dares.
Étape 5 — Surveiller les décrets d'application
Le décret n° 2026-714 sera précisé par plusieurs textes d'application dans les semaines et mois à venir :
- Été 2026 : arrêté fixant la liste des métiers éligibles au bonus et les modalités de versement.
- Automne 2026 : arrêté sur le montant de la contribution supplémentaire des grandes entreprises en deçà du seuil de 5 %.
- Septembre-décembre 2026 : examen et vote de la proposition de loi zones rurales à l'Assemblée nationale.
- 2027 : première année d'application pleine du seuil de 5 % (sur les effectifs au 31 décembre 2027).
Restez connecté à SuperAlternant : on décrypte chaque texte d'application dès sa publication, avec un focus sur ce que ça change pour vous, candidat ou employeur.
Le conseil de SuperAlternant
Le décret n° 2026-714 ne change pas la donne fondamentale pour un alternant : votre diplôme, votre entreprise, votre métier, votre rémunération. Il renforce la qualité de l'encadrement, oblige les grandes entreprises à s'engager, et valorise financièrement les métiers en tension. Trois conséquences directes :
- Plus de chances de trouver un tuteur sérieux : les employeurs qui recrutent à partir du 8 juillet 2026 sont désormais formés et identifiés.
- Plus d'opportunités dans les grands groupes : le seuil de 5 % pousse les grandes entreprises à accélérer le recrutement d'alternants pour atteindre l'objectif avant la fin 2027.
- Plus d'argent pour l'employeur dans les trois régions expérimentatrices et, à partir de 2027, en zones rurales — ce qui renforce votre levier de négociation sans que votre salaire n'augmente (l'aide va à l'employeur).
Si vous préparez une rentrée en alternance en 2026 ou 2027, intégrez ces nouvelles règles à votre stratégie de recherche d'entreprise : elles peuvent faire la différence entre un employeur qui hésite et un employeur qui signe.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Le décret du 30 juin 2026 s'applique-t-il à mon contrat déjà signé ? Non. Le décret concerne les contrats conclus à compter du 8 juillet 2026. Les contrats en cours restent soumis aux règles antérieures (aide unique de 5 000 € sans contrôle renforcé, pas de seuil de 5 % ni de bonus métiers en tension).
Comment savoir si mon métier est éligible au bonus de 1 000 € ? L'arrêté ministériel fixant la liste exacte des métiers éligibles est attendu pour septembre 2026. En attendant, les trois secteurs annoncés sont le BTP, la restauration/hôtellerie, et les soins aux personnes âgées. Dès la publication de l'arrêté, SuperAlternant publiera la liste exhaustive des codes ROME éligibles.
Mon entreprise de 300 salariés doit-elle atteindre 5 % d'alternants ? Oui, si son effectif annuel moyen est supérieur à 250 salariés. Le contrôle se fait sur la base des effectifs au 31 décembre de chaque année, à compter de 2027. En cas de non-atteinte, une contribution supplémentaire sera due à France Compétences, dont le montant sera fixé par arrêté ministériel d'ici la fin 2026.
Le bonus zones rurales est-il déjà en vigueur ? Non, le texte a été adopté par le Sénat le 8 juillet 2026 et doit être examiné à l'Assemblée nationale en septembre 2026. Les premiers versements sont attendus pour 2027, sur la base des contrats signés à compter de la promulgation de la loi.
L'aide unique change-t-elle avec ce décret ? Le montant de l'aide unique ne change pas avec le décret n° 2026-714. Ce qui change, c'est le contrôle de l'éligibilité et de l'encadrement, et l'ajout de bonus complémentaires dans certains cas.
Mon CFA est-il concerné ? Indirectement, oui. Le décret renforce la complémentarité entre le CFA et l'entreprise : si l'entreprise n'a pas de tuteur identifié et de plan de formation, l'OPCO peut refuser le versement de l'aide unique, ce qui peut dégrader la trésorerie du CFA. Les CFA ont donc intérêt à accompagner leurs entreprises partenaires dans la mise en conformité.
En résumé
Le décret n° 2026-714 du 30 juin 2026 marque l'entrée dans une nouvelle phase de l'apprentissage : une phase de régulation exigeante et de ciblage intelligent. Contrôle renforcé de l'encadrement pour garantir la qualité, seuil de 5 % dans les grandes entreprises pour massifier, bonus régionaux de 1 000 € sur les métiers en tension pour relancer là où ça coince, et bonus zones rurales en cours d'examen pour équilibrer le territoire. Pour un candidat à l'alternance en 2026 ou 2027, c'est une bonne nouvelle : les règles du jeu sont plus claires, les engagements des employeurs plus contraignants, et les signaux d'incitation pointent vers les filières qui recrutent vraiment. C'est le bon moment pour viser un métier en tension dans une région expérimentatrice, auprès d'un employeur qui aura intérêt à signer pour toucher 6 000 € la première année — et qui devra vous encadrer sérieusement, sous peine de perdre l'aide.
Sources : Journal officiel de la République française, décret n° 2026-714 du 30 juin 2026, publié le 2 juillet 2026 ; Ministère du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion, communication du 30 juin 2026 ; Dares, tableau de bord mensuel de l'apprentissage (données 2025-2026), publication février 2026 ; Urssaf, données mensuelles sur les contrats d'apprentissage (2025-2026) ; France Compétences, 3ᵉ révision générale des NPEC, lancée le 2 avril 2026 ; Sénat, proposition de loi « alternance en zones rurales », adoptée le 8 juillet 2026 ; Igas, rapport sur les dérives de l'aide unique, 2025 ; Onisep, fiches diplômes 2026-2027 (CAP, Bac pro, BTS, BUT) ; Centre Inffo, veille formation professionnelle 2026. Données en vigueur à la date de publication.