Przejdź do treści
Powrót do bloga
Nauka dualnaDroit du travailvie professionnelle

Harcèlement en alternance : qualifier la situation, à qui en parler, comment garder une trace

SuperAlternant20 sierpnia 20267 min czytania

Un jeune salarié assis seul dans un couloir de bureau, un carnet fermé sur les genoux
Zdjęcie : rawpixel (CC0) / Openverse
Ten artykuł nie jest jeszcze dostępny w Twoim języku: oto wersja francuska.

Un alternant est un salarié à part entière, protégé du harcèlement comme n'importe quel collègue. Si vous devez parler tout de suite, deux interlocuteurs existent hors de votre entreprise : le référent de votre CFA et le médecin du travail. Aucun des deux n'a besoin de l'accord de votre employeur pour vous recevoir.

Votre position a une particularité : votre contrat conditionne votre diplôme. C'est ce qui rend le silence si tentant. Cet article ne vous dira pas ce que vous vivez. Il vous donne les repères que la loi utilise, l'ordre des interlocuteurs, et la façon de construire un dossier.

Un alternant est-il protégé comme un autre salarié ?

Oui. L'apprenti et le salarié en contrat de professionnalisation sont des salariés de droit commun. L'interdiction du harcèlement et des discriminations s'applique à eux sans réserve, quel que soit leur âge, leur ancienneté ou la durée de leur contrat.

L'employeur est par ailleurs tenu à une obligation de sécurité (article L. 4121-1 du Code du travail). Il doit protéger la santé physique et mentale de ses salariés, ce qui inclut prévenir le harcèlement et le faire cesser lorsqu'il en est informé. Cette obligation pèse sur lui, pas sur vous. Le reste de vos droits est détaillé dans notre guide des droits de l'alternant.

Une précision qui compte quand on hésite à parler : le Code du travail interdit de sanctionner, de licencier ou de traiter défavorablement un salarié parce qu'il a relaté ou témoigné de faits de harcèlement. La protection couvre aussi celui qui s'est trompé de bonne foi.

Que retient la loi comme harcèlement ?

Le Code du travail distingue deux notions.

Le harcèlement moral (article L. 1152-1) vise des agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d'altérer sa santé physique ou mentale, ou de compromettre son avenir professionnel. Trois éléments ressortent : la répétition, l'atteinte, et le fait que l'intention de nuire n'est pas exigée. Un tuteur peut donc être en cause sans s'être jamais dit qu'il vous nuisait.

Le harcèlement sexuel (article L. 1153-1) vise des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés qui portent atteinte à la dignité ou créent une situation intimidante, hostile ou offensante. Y est assimilée toute forme de pression grave exercée dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle. Ici, un fait unique peut suffire.

Ces définitions ne qualifient pas votre situation. Seul un juge le fait. Elles vous servent à décider quoi noter et à qui vous adresser.

Un carnet ouvert et un téléphone posés sur une table, à côté d'une tasse, dans une lumière de fin de journée

Et si ce n'est pas du harcèlement ?

Cette question mérite une réponse honnête, parce qu'y répondre change l'interlocuteur à saisir.

Un management exigeant fixe des objectifs élevés, corrige le travail, remet en cause une méthode. Il porte sur ce que vous produisez, il est justifiable, et vous pouvez en discuter.

Un conflit oppose deux personnes sur un désaccord identifiable : des missions hors référentiel, un planning intenable, une critique mal formulée, un CFA et une entreprise qui ne s'accordent pas. Il a un début, un objet, et il se règle. Notre guide sur la gestion des conflits en alternance décrit la méthode : entretien formel, réunion tripartite, écrit systématique.

Le harcèlement ne porte plus sur le travail mais sur la personne. Il ne se règle pas par une mise au point, parce qu'il ne repose pas sur un malentendu. Un conflit se règle ; un harcèlement se signale.

Deux limites à cette grille. Elle ne sert jamais à requalifier vers le bas des faits graves : une agression, un propos sexuel, une humiliation publique, des menaces ne sont pas un « conflit », quelle qu'en soit la fréquence. Et elle ne tranche rien pour vous. Si vous hésitez entre les trois cases, décrivez les faits à un tiers extérieur plutôt que de choisir seul.

Comment constituer une trace écrite ?

Une situation se démontre par des faits datés, pas par un ressenti global. Commencez le jour où vous vous posez la question, même sans savoir ce que vous en ferez.

Quoi noter. Pour chaque épisode : la date, l'heure, le lieu, les personnes présentes, ce qui a été dit ou fait, en citant les mots exacts quand vous les avez en tête. Ajoutez l'effet concret : tâche retirée, réunion annulée, arrêt de travail, insomnie. Restez factuel. « Il m'a dit devant l'équipe que je n'avais rien à faire ici » vaut mieux que « il m'a humilié ».

Quand. Le jour même ou le lendemain. Une note écrite à chaud a une valeur que six mois de souvenirs n'auront jamais.

Sous quelle forme. Un fichier ou un carnet unique, tenu en continu. Conservez aussi les pièces d'origine : mails, messages, comptes rendus, plannings, certificats médicaux. Reformulez par écrit ce qui s'est dit à l'oral, par un mail de confirmation calme et daté à votre interlocuteur : « Pour faire suite à notre échange de ce matin, vous m'avez indiqué que… ». Ce mail devient une pièce.

Où le conserver. Sur un support personnel, jamais uniquement sur le matériel ou la messagerie de l'entreprise, auxquels vous pouvez perdre l'accès du jour au lendemain. Faites des copies. Ne collectez que ce qui vous concerne : des documents pris hors de votre périmètre peuvent se retourner contre vous.

À qui s'adresser, et dans quel ordre ?

Aucune étape n'est obligatoire, et vous pouvez sauter celles qui passent par votre entreprise.

Le référent ou le responsable pédagogique du CFA. C'est souvent le plus simple. Il connaît la convention tripartite, il peut vous recevoir vite, alerter l'entreprise, et déclencher un accompagnement. En cas de rupture, il peut vous maintenir en formation le temps de retrouver un employeur. Il ne peut ni enquêter dans l'entreprise ni sanctionner qui que ce soit.

Le médecin du travail. Vous pouvez demander une visite de votre propre initiative, sans passer par l'employeur et sans avoir à lui en donner le motif. L'entretien est couvert par le secret médical. Le médecin peut proposer des aménagements, alerter l'employeur par écrit, et documenter l'impact sur votre santé. Il ne qualifie pas les faits juridiquement.

Les représentants du personnel. Quand il existe un CSE, ses membres peuvent être saisis, et beaucoup d'entreprises ont désigné un référent chargé des situations de harcèlement. Un membre du CSE peut déclencher une alerte auprès de l'employeur et exiger une enquête. Il n'a pas de pouvoir de décision sur votre contrat.

Les RH ou la direction. Une fois informé, l'employeur doit réagir : enquête, mesures pour faire cesser les faits. Signalez par écrit et gardez copie. Cette voie est la plus directe, mais c'est aussi celle qui expose le plus si la personne en cause est proche de la direction. Rien ne vous oblige à commencer par elle.

L'inspection du travail. Elle est compétente en cas de manquement au droit du travail, elle peut contrôler l'entreprise et constater les infractions. L'agent de contrôle est tenu de ne pas révéler l'identité de la personne qui l'a saisi. Elle ne tranche pas votre litige et ne vous versera aucune indemnité.

Le Défenseur des droits. Il peut être saisi gratuitement, notamment lorsque les faits sont liés à une discrimination. Il enquête, oriente, et peut proposer un règlement. Il ne remplace pas le juge.

La justice. Le conseil de prud'hommes tranche les litiges relatifs au contrat. Le harcèlement moral et le harcèlement sexuel sont aussi des infractions pénales : une plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République. Les délais pour agir dépendent de la voie choisie ; faites-les vérifier par un professionnel, un point-justice ou une permanence juridique gratuite.

Les dispositifs d'écoute. Le 3919, numéro national d'information destiné aux femmes victimes de violences, y compris au travail, est anonyme et gratuit. France Victimes anime par ailleurs un réseau d'associations d'aide aux victimes joignable par un numéro national et présent dans chaque département. Votre CFA ou votre mutuelle proposent souvent une ligne d'écoute psychologique.

Et si le contrat s'arrête ?

C'est la crainte qui retient le plus d'alternants d'ouvrir la bouche, et elle mérite une réponse précise plutôt qu'un encouragement.

Le contrat d'apprentissage ne se rompt pas librement passé les 45 premiers jours en entreprise. Mais des manquements graves de l'employeur ouvrent une voie de sortie spécifique, détaillée dans notre article sur la rupture pour manquements graves de l'employeur. Ne quittez jamais votre poste sans écrit : un départ non formalisé peut être requalifié en abandon de poste.

Prévenez le CFA avant tout le reste. C'est lui qui organise la suite de votre formation, et c'est le seul acteur dont l'intérêt est que vous obteniez votre diplôme. Les questions les plus fréquentes sur le statut, les délais et les démarches sont regroupées dans notre FAQ.

Nasz wybór na Amazon

Wybór książek i akcesoriów powiązanych z tym artykułem.

Znajdź swoją naukę dualną lub staż

Tysiące ofert i ekskluzywnych korzyści czeka na Ciebie w SuperAlternant.

Zobacz oferty

Przeczytaj także